Le projet des Assises contre l'homophobie
Mise à jour le Jeudi, 04 Juin 2009 14:24 Écrit par Administrator Mercredi, 12 Décembre 2007 13:41
PREMIERES ASSISES CONTRE L'HOMOPHOBIE A GENEVE
4 et 5 septembre 2009, Uni Mail
Fédération Genevoise des Associations LGBT
Malgré des progrès certains dans la reconnaissance des droits des personnes lesbiennes, gaies, bi et transsexuelles (LGBT) à travers le monde, 74 pays condamnent encore aujourd’hui l’homosexualité et 7 la punissent de mort. En incohérence totale avec ce constat, le texte final approuvé par la diplomatie occidentale à l’issue de la Conférence sur le racisme de ce printemps à Genève (Durban II) ne fait aucune référence à l’homophobie et ne propose aucune mesure en matière de défense des minorités sexuelles. écartée, minimisée ou tout simplement ignorée, l’homophobie demeure pourtant une forme de discrimination à part entière aux conséquences graves.
En Suisse, malgré l’évolution des mentalités et du cadre législatif, de nombreux jeunes éprouvent encore aujourd’hui un réel mal-être quand ils découvrent et ont à assumer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Dans le cadre scolaire, professionnel et familial, lors d’activités sportives et de loisirs, sur l’Internet, ils ont encore à faire face à l’homophobie. Violences verbales et physiques, mises à l’écart, mépris silencieux : cette discrimination ordinaire a des conséquences néfastes sur leur vie socio-professionnelle et leur santé. Comportements à risque, abus de substances (tabac, alcool, drogue, etc.) relations sexuelles non protégées, états anxieux voire dépressifs, suicide, le mal être des jeunes homosexuel∙le∙s est palpable et il se confirme dans les chiffres. Les résultats des enquêtes Santé gaie réalisées à Genève en 2004 et 2007 montrent en effet que les jeunes LGBT souffrent deux fois plus de dépression que la normale et ont 3 à 5 fois plus de risque de tenter de se suicider. Ils confirment ceux d'autres enquêtes suisses comme étrangères. L'homophobie et ses conséquences constituent donc un réel problème de santé publique dont il est urgent de prendre la mesure.
Des professionnel∙le∙s démuni∙e∙s
Toute stratégie d'action visant à lutter contre le mal être des jeunes LGBT doit prévoir d’agir à deux niveaux. L’environnement social d’une part, en travaillant à une meilleure acceptation de la diversité sexuelle par les familles, le milieu scolaire et la société dans son ensemble et en luttant de manière active et soutenue contre toute forme d’homophobie. Au niveau de la personne d'autre part, en aidant les jeunes eux-mêmes à accepter leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, à renforcer leur confiance en eux-mêmes et leur capacité à réagir positivement face aux situations difficiles qu’ils ne manqueront pas de rencontrer.Dans ce combat, les enseignant∙e∙s, les éducateurs∙trices, tous les acteurs en contact avec la jeunesse qui ont à faire face au questionnement des jeunes placés sous leur responsabilité sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre ou au comportement homophobe à leur égard se sentent malheureusement souvent totalement démuni∙e∙s. Le manque d’outils pédagogiques et de ressources à disposition ainsi que la crainte que leurs actions soient mal interprétées les laissent souvent désarmé∙e∙s face à ce problème et les contraignent au silence et à l’inaction. Dans cette logique, un autre malaise souvent ignoré est celui des professionnel∙le∙s de la jeunesse homosexuel∙le∙s qui ont à dissimuler leur orientation sexuelle ou leur identité de genre par crainte d'être stigmatisé∙e∙s par certains jeunes ou certains parents, de faire l'objet de discrimination ou de se voir accusé∙e∙s de prosélytisme. Cette situation repose sur une double confusion: l'amalgame couramment observé entre homosexualité et pédophilie et la croyance répandue que le processus éducatif puisse jouer un rôle dans la définition de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre.
Face à l’urgence et malgré ces risques, un certain nombre d’initiatives courageuses et positives ont pourtant été prises dans tous les milieux en contact avec la jeunesse. Il s’agit souvent d’initiatives personnelles, parfois celles d’institutions publiques ou privées. Cependant, au même titre que le sexisme et le racisme, il est temps de mettre en place une dynamique globale en matière de lutte contre l’homophobie. Pour insuffler cette dynamique, la Fédération Genevoise des Associations LGBT, en partenariat avec l’état, la Ville de Genève et l’Unité interdisciplinaire d’études genre de la Faculté des SES de l’Université de Genève, lance les premières Assises contre l'homophobie à Genève les 4 et 5 septembre prochains à Uni Mail. Ces deux journées seront l'occasion de réunir membres de la communauté LGBT, professionnelles de la jeunesse, de la police, de la justice, acteurs du milieu artistique, parents et jeunes eux-mêmes pour réfléchir ensemble aux moyens de combattre plus efficacement ces discriminations et d'apprendre à mieux vivre la diversité.
LEXIQUE
- biphobie: rejet de la bisexualité et des personnes bisexuelles.
- bisexuel-le: une personne qui éprouve une attirance affective et sexuelle pour les personnes des deux sexes.
- gai: homme qui éprouve une attirance affective et sexuelle pour les hommes.
- homophobie: rejet de l'homosexualité et des personnes homosexuelles.
- homosexuel-le: une femme ou un homme qui éprouve une attirance affective et sexuelle pour des personnes de son sexe.
- identité de genre: sexe auquel on se sent et se reconnaît appartenir.
- lesbienne: femme qui éprouve une attirance affective et sexuelle pour les femmes.
- lesbophobie: rejet du lesbianisme et des personnes lesbiennes.
- orientation sexuelle: attirance affective et sexuelle pour des personnes du même sexe, du sexe opposé ou des deux sexes.
- pédophile: un homme ou une femme éprouve une attirance affective et sexuelle pour les enfants du sexe opposé ou du même sexe.
- Intersexué-e : personne dont le sexe anatomique ne correspond pas aux standards des définitions femelles ou mâles.
- transgenre : dans un premier sens, une personne qui, d'une manière ou d'une autre, est en dehors des standards traditionnels en matière de genre. Dans un
- deuxième sens, une personne qui entreprend une transition dite sociale mais qui ne veut pas d'une opération de réassignation du sexe.
- transsexuel-le: une femme ou un homme ayant la conviction permanente d'appartenir à l'autre sexe et qui entreprend un parcours médical pour modifier son apparence anatomique dans le sens de l'autre sexe (de femme à homme ou d'homme à femme).
- transphobie: rejet de la transsexualité et des personnes transsexuelles.





